• À propos de Louis Barthou.

     

    Louis Barthou fut nommé Ministres des Affaires étrangères  le 9 février 1934, dans le cabinet Doumergue.
    1934 est l’année qui voit la première édition en français de Mein Kampf, d’Adolf Hitler, aux Nouvelles Éditions latines, sans l’autorisation de l’auteur. Hitler fait interdire la publication de son ouvrage en France. Néanmoins, la teneur pouvait en être connue par le biais des nombreux résumés édités au fil des ans.  Louis Barthou a lu « Mon Combat », je ne sais dans quelle édition. Persuadé que l’Allemagne prépare la guerre, le ministre entend réactiver et élargir les alliances de la France qui « doit placer au premier plan de ses préoccupations les conditions de sa sécurité propre ». Il refuse de « légaliser le gouvernement nazi allemand » comme le souhaitent en fait les Anglais.
    Le 21 avril, il commence une tournée des capitales européennes : Bruxelles, Varsovie, Prague, Bucarest, Belgrade, et avance l’idée d’un « Locarno oriental » destiné à favoriser un rapprochement avec l’URSS. Le 18 mai, Barthou rencontre à Genève le Commissaire du peuple aux Affaires étrangères soviétiques Maxime Litvinov. Litvinov approuve le projet français et Barthou se dit prêt à signer avec l’URSS même en cas de refus de l'Allemagne de s’associer à ce pacte.  Les 14 et 15 juin, Hitler et Mussolini se rencontrent à Venise. Les deux dictateurs décident de se consulter sur la politique à suivre envers l’Autriche.
    Le 10 septembre l’URSS se voit offrir un siège permanent au Conseil de la SDN. Le 17, l’assemblée (de la SDN) adopte l’admission de l’URSS par 38 voix contre 3 et 7 abstentions. Ce succès de la politique voulue par Louis Barthou ouvre la voie à un accord diplomatique entre la France et l’URSS. 
    Le 9 octobre 1934, à Marseille, à 16 heures, le roi Alexandre de Yougoslavie, en visite officielle en France, est assassiné par un oustachi nationaliste croate. Dans la confusion Louis Barthou, qui était venu accueillir le roi, est blessé au bras droit par les policiers qui abattent le tueur. Personne n’ayant songé à ligaturer son bras blessé, le Ministre des affaires étrangères meurt exsangue peu après.
    Voilà la narration exacte. Les livres d’histoire et les dictionnaires mentionnent juste que Barthou a été tué lors de l’attentat ou même qu’il a été occis par les oustachis. Le deuxième passage de  Barthou aux Affaires étrangères n'aura duré que huit mois, du 9 février 1934 au 9 octobre 1934.
    Le 13 octobre Pierre Laval succède à Louis Barthou au portefeuille des Affaires étrangères. Il poursuivra la politique initiée par Barthou : rapprochement avec l’URSS et entente avec l’Italie pour conforter l’opposition de Rome aux entreprises allemandes en Europe. Mais le 8 avril 1935, l’Allemagne nazie et la Russie soviétique signent à Berlin un accord commercial : l’Allemagne ouvre à la Russie un crédit de 200 millions de Reichmarks pour une durée de cinq ans.
    Le 2 mai 1935, Laval signe avec l’ambassadeur soviétique à Paris, Vladimir Potemkin,  un pacte  d’assistance mutuelle franco-soviétique. Litvinov, de son vrai nom Maxime Maximovitch Meier Henoch Wallach-Finkelstein, était fermement partisan d’un rapprochement de l’URSS avec les démocraties occidentales et il soutint à la SDN le principe de la sécurité collective.
    Staline, inquiet des accords de Munich signés le 30 septembre 1938, et désirant se rapprocher de l’Allemagne hitlérienne, remplaça Litvinov par Molotov en mai 1939.
    On connait bien la suite.

     

    Louis Barthou qui fut-trop peu de temps- l’un des meilleurs ministres des Affaires étrangères de la période, et dont la mort tragique ne fut pas seulement une perte pour le Cabinet, mais un malheur pour le pays. Mort qui pose question car elle aurait pu être évitée s’il n’y avait pas eu de tirs policiers malheureux, ainsi que des soins d’urgence rapidement prodigués.

     

     

    « … le roi Alexandre Ier est assassiné à Marseille le 9 octobre 1934par un terroriste macédonien de l’Organisation révolutionnaire intérieure macédonienne (VMRO) au service des nationalistes croates du mouvement oustacha et macédoniens. » Voilà ce qui est précisé dans Le dictionnaire historique et géopolitique du 20e siècle, sous la direction de Serge Cordellier, La Découverte/Poche.

    « Joseph Nasi.

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