• Jean de Brosse, maréchal de France.
    Il portait d'azur, à trois brosses d'or liées de gueules.



    Jean Ier de Brosse, appelé aussi le maréchal de Boussac.
    Né vers 1375 au château d’Huriel, décédé en juin 1433 au château de Boussac.
    Il est un descendant des anciens vicomtes de Limoges par Géraud, vicomte de Brosse signalé en 1136.

    Il est  le fils de Pierre II de Brosse et  de Marguerite de Malleval.
    Il a épousé à Sainte-Sévère, le 20  août 1419,  Jeanne de Naillac, fille de Guillaume de Naillac, vicomte de Bridiers, seigneur de Naillac, du Blanc en Berry et de Châteaubrun.

    Seigneur de Boussac, de Sainte-Sévère -sur-Indre et d’Huriel. Il vit d’abord de longues années dans sa résidence de Sainte-Sévère.
      

    Capitaine de 40 hommes d’armes, le 26 mai 1423, il est reconduit dans la même fonction avec 100 hommes d’armes le 17 juillet 1426. Ce même jour, il est placé avec sa compagnie dans la garde du roi (lettres données à Mehun-sur-Yèvre).
    En juin 1427, Jean de Brosse tue à Poitiers Le Camus de Beaulieu, favori du roi, un crime qui reste impuni. Il est peu après nommé maréchal de France, à la suite de l’assassinat par Bernard d’Armagnac, comte de Pardiac, du maréchal Amaury de Séverac, lui succédant même dans ses fonctions de lieutenant général en Mâconnais, Lyonnais et Charolais. Cette nomination se fait sous l’influence du connétable de Richemont.
    Dès lors, Brosse rend de grands services à l’État et au roi. Il affranchit ses serfs de Boussac, puis se rend à Orléans, où il rentre en octobre 1428, repoussant les Anglais les 1er et 2 janvier 1429. Le mois suivant, il rejoint à Janville le comte de Clermont et subit avec lui l’échec de la journée des Harengs, à Rouvray-Saint-Denis, le 12 février. Son beau-frère Jean de Naillac est tué lors de cette journée.
    Il décide alors de rentrer à Orléans en traversant les lignes ennemies. Le 28 avril, il accompagne Jeanne d’Arc  de Blois à Orléans, avec 10 000 hommes, reconduit l’escorte dans Blois le 4 mai, et rejoint enfin Orléans, où il emporte avec Jeanne d’Arc la bastille des Augustins, le 6 mai. Les Anglais lèvent le siège deux jours plus tard.
    Le 18 juin, il charge les Anglais à Patay avec le connétable de Richemont et le duc d’Alençon. Talbot y est fait prisonnier.
    Le 17 juillet, Jean de Brosse assiste au sacre de Charles VII à Reims. Il est présent  au siège de La Charité-sur-Loire  en décembre 1429.
    En mai 1430, il met en déroute, avec le comte de Vendôme, les Anglais venus assiéger Compiègne. Ils n’ont pu empêcher la capture de  Jeanne d’Arc devant Compiègne le mardi 23 mai. Nommé lieutenant général des régions situées au-delà de la Seine, de la Somme et de la Marne (11 septembre 1430), il bat les Anglo-Bourguignons à Germigny à la fin de l’année 1430, avec l’aide du comte de Vendôme. Le 24 octobre 1430, un assaut décisif est donné par le maréchal de Boussac  en vue de libérer Compiègne. Le 28 octobre Compiègne est définitivement libérée et Jean de Luxembourg doit se replier au château de Beaurevoir.  En août 1431, Jean de Brosse se fait battre devant Beauvais. De là, il se dirige vers Rouen pour tenter de s’emparer du roi d’Angleterre, mais ses soldats, trop intéressés par le butin qu’ils vont rafler, ne lui obéissent pas.
     En 1432, les Anglais étant dans Lagny, il simule avec Dunois une attaque de la ville. Bedford accourt et un combat sanglant s’ensuit. Dunois et Brosse, se retirant vers l’Ile -de-France, font croire à Bedford qu’ils se dirigent vers Paris, encore occupé. Bedford dégarnit Lagny de ses troupes, et la ville est ainsi sauvée. Jean de Brosse meurt l’année suivante criblé de dettes, à un point tel que ses créanciers parlent de faire excommunier son cadavre.

    Jeanne d’Arc mentionne dans son procès  le maréchal de Brosse comme étant l’un de ceux présents à « l’entrevue du signe »,  la première rencontre entre le roi Charles VII et Jeanne, au début du mois de mars 1429, à Chinon.

    Jean de Brosse eut de sa femme Jeanne de Naillac une postérité connue sous le nom de Brosse, dite de Bretagne. En effet son fils Jean II de Brosse épousa Nicole de Blois-Châtillon, héritière du comté de Penthièvre.
    Cette descendance s’est éteinte en 1564 avec  Jean IV, premier duc d’Etampes, dont l’épouse Anne de Pisseleu fut la maîtresse du roi François Ier.


    votre commentaire
  • À propos des Germains.



    Sans l’œuvre des auteurs classiques, nous ne connaîtrions des cultures germanique et celte que ce que les fouilles archéologiques nous en ont révélé.
    L’historien romain Tacite, qui vécut au  Ier  siècle de notre ère, a écrit un ouvrage capital sur les Germains, et Jules César, dans ses Commentaires de la guerre des Gaules, a livré d’importantes informations sur les Gaulois et leurs voisins du Nord.
    Le Grec Strabon et les Romains Tite-Live et Pline l’Ancien ont également parlé des Germains, mais c’est l’œuvre de Tacite qui nous a révélé le plus de détails sur leur histoire, comme la révolte des Icènes, en [Grande] Bretagne, sous la conduite de leur reine Boadicée.
    Outre les Annales, sa grande histoire de la Rome impériale, Tacite écrivit aussi Agricola, une vie de son beau-père, gouverneur de la Bretagne (Angleterre), et Germania, une longue étude sur les Germains. Ce dernier ouvrage, bien que sous-estimant selon toute vraisemblance le danger, fut peut-être rédigé pour mettre en garde les Romains contre la menace que représentaient les tribus germaniques, rassemblées en puissantes confédérations.

    Tacite fournit une distribution géographique des divers peuples germaniques au premier siècle de notre ère.
     En allant de l’ouest vers l’est, il y avait les Frisons (entre le Rhin et l’Ems), et les Chauques (entre l’Ems et la Weser) ; le Hanovre et l’Oldenbourg étaient occupés par les Chérusques et par deux autres tribus moins importantes, les Chasuaires et les Angrivariens ; les Lombards campaient sur la rive gauche de l’Elbe ; entre la Weser et le Rhin, la Westphalie et la Hesse étaient habitées par les Bructères, les Marses et les Chattes ; les Cimbres se trouvaient encore au Jutland et les Hérules dans les îles danoises ; au sud, sur les rivages baltiques, vivaient les Angles et les Saxons. Les Hermondures occupaient la plus grande partie se la Franconie et de la Thuringe. En Bohême se trouvaient les Marcomans ; les Bastarnes s’étaient peu à peu déplacés vers le Danube inférieur.

    La première invasion connue des Germains fut celle des Bastarnes, qui menacèrent, au IIIe siècle avant J.-C., les cités grecques de la mer Noire. Au cours du siècle suivant, les Cimbres et les Teutons, sans doute venus du Jutland, envahirent la Belgique et la Rhénanie, en contraignant les Celtes du sud du Main à se replier sur la Suisse. Pendant le Ier siècle, d’autres Germains occupèrent des régions celtiques du Danube et de l’ouest du Rhin.
    En 61 avant J.-C., conduits par Arioviste, les Suèves et les Séquanes tentèrent d’envahir la Gaule centrale, mais furent arrêtés par Jules César. Sous le règne d’Auguste, les Germains occupaient presque toute la région comprise entre le Rhin et la Weser, et continuaient de progresser en direction de l’est,  s’avançant jusqu’à l’Elbe et la Vistule.
    Jusqu’à la fin du IIe siècle après J.-C., les Germains avaient été plus ou moins contenus par les Romains sur le Rhin et le Danube. En 180, après une campagne de quelque vingt ans contre les Marcomans, l’empereur Commode dut leur accorder des avantages pour obtenir la paix. Au milieu du IIIe siècle, les Germains envahirent la Gaule et les Balkans, puis les Goths occupèrent la Dacie.
    La politique de Rome, consistant à autoriser les tribus à s’installer à la périphérie de l’empire et à les payer pour protéger ses frontières, fut appliquée pour la première fois en 294, et, au cours du siècle suivant, de nombreux barbares s’établirent de cette manière sur des terres romaines.

    À la fin du IIIe  siècle apparurent  trois nouveaux peuples ou confédérations de peuples : les Francs, sur le Rhin inférieur ; les Burgondes, dans la vallée du Main ; les Alamans dans le grand coude du Rhin supérieur (champs Décumates). Enfin les Goths, installés originellement sur la Vistule inférieure, se déplacèrent vers les rives de la mer Noire puis occupèrent la Dacie, d’où ils se répandirent vers la Thrace et la Grèce. Ce mouvement du nord vers le sud entraîna également les Gépides, installés au IIIe siècle en Transylvanie septentrionale, avec pour voisins occidentaux les Vandales. Au IVe siècle, la progression des Huns en direction de l’ouest déclencha la première vague des Grandes Invasions. En 406, la frontière du Rhin fut emportée, et, au cours du Ve siècle, les Wisigoths, les Vandales, les Ostrogoths, les Burgondes, les Francs constituèrent, par la conquête, des royaumes germaniques sur les ruines de l’empire d’Occident. Du fait de ces migrations, la Germanie, qui avait été momentanément submergée au milieu du Ve siècle par l’Empire hunnique d’Attila, fut occupée dans toute sa partie orientale, jusqu’à l’Elbe et la Saale, par des tribus slaves. Dans la Germanie occidentale, les principaux peuples qui subsistaient après les Grandes Invasions étaient les Saxons, les Thuringiens, descendants des Hermondures, les Alamans, et  les Baiovarii.

    Les peuples cités ci-dessous furent les principaux adversaires de l’empire romain à l’époque des grandes invasions.
    - Wisigoths et Ostrogoths : descendants des Goths de l’Ukraine, ils fondèrent des royaumes en Italie, dans le sud de la Gaule et en Espagne.
    La reconquête de l’Italie sur les Ostrogoths fut menée par les généraux byzantins Bélisaire et Narsès de 536 à 555.
    Le dernier royaume wisigoth disparut suite à l’invasion arabo-berbère de 711 en Espagne.

    - Vandales : bien qu’originaires de l’Europe de l’Est, ils fondèrent un État dans le sud de l’Espagne puis, en 428 ou 429,  en Afrique du Nord. Ils disparurent de l’histoire après 534.

    - Jutes, Angles et Saxons : venus de la péninsule du Jutland et du nord des Pays-Bas, ils envahirent le sud et l’est de la Bretagne [Angleterre], où ils s’établirent au Ve siècle.
    Ils créèrent des royaumes qui formèrent par la suite l’Angleterre. Ils devaient être vaincus en 1066 et sortirent alors de l’histoire.

    - Burgondes : parents des Goths, ils occupèrent, vers 400, la région du Rhin au Main et créèrent plus tard un royaume dans le nord-est de la Gaule. Attaqué par les descendants de Clovis,  le royaume burgonde fut annexé à l’empire franc après la défaite et la mort de Godomar III  en 534.

    - Francs : venus de la rive droite du Rhin, ils s’établirent en Gaule, où ils fondèrent la dynastie des Mérovingiens.
    Les Francs ont laissé leur nom à deux régions : la Franconie et, bien sûr, la France.

     


    votre commentaire
  • Bible de Saint-Yrieix-ia-Perche

    La Bible de Saint-Yrieix-la-Perche (fin XIe ou début XIIe siècle).
    Photo© prise par l’auteur en juillet 2008.

    À propos de la Bible.

     

    La Bible fut un des tout premiers livres – si ce n’est le premier – imprimé à l’époque moderne.
    La Bible de Gutenberg ou Bible latine à quarante-deux lignes (B42) est le premier livre imprimé en Europe à l'aide de caractères mobiles. Le 23 février 1455 est la date traditionnelle retenue comme le jour où Johannes Gutenberg a achevé ce livre. Elle reproduit la Vulgate, la version latine due à saint Jérôme.

    On parle de la Bible en disant Le Livre. Mais il faut bien comprendre que c’est en fait une « bibliothèque », une collection de livres, de différents auteurs dont le nom est parfois inconnu. L’Ancien Testament est composé de 46 livres, et le Nouveau Testament en contient vingt-sept.
    Si l’origine de la Bible comme texte hébreu est à situer en Palestine – et symboliquement à Jérusalem – sans oublier l’aller retour de l’exil à Babylone au VIe siècle avant  notre ère, c’est Alexandrie et le grec qui marquent l’ouverture de la Bible au Proche-Orient ancien à la fin du IIIe siècle avant J.-C.
    Aussi est-ce encore le grec, langue véhiculaire des premiers siècles, qui assure jusqu’au cœur de la Gaule des IIe et IIIe siècles, à Vienne et à Lyon notamment, la tradition biblique issue d’Alexandrie.
    La Grèce proprement dite, le territoire oriental en face de la péninsule italique et le contournement de la mer Noire resteront naturellement investis par le grec de l’Ancien et du Nouveau Testament : deux des principales traductions qui allaient assurer une nouvelle expansion de la Bible se feront à partir du grec, en arménien au début du Ve siècle et en alphabet cyrillique à partir du IXe siècle.
    Si, longtemps, Rome connaît le grec, l’Afrique du Nord, en maintenant la primauté du latin et en disposant assez vite de traductions latines du texte biblique, avec notamment ce que l’on considère comme la Vetus Latina ou « version latine ancienne », prépare une sorte de reconquête de la chrétienté occidentale par le latin. À la fin du IVe siècle, la traduction de saint Jérôme, écrite entre 391 et 405 environ, sera, jusqu’aux critiques humanistes du XVIe siècle, la Bible par excellence de l’Europe occidentale, ce que consacre sa désignation de Vulgate. Saint Jérôme a traduit directement l’Ancien Testament de l’hébreu et révisé le Nouveau Testament à partir du grec.
    Dès le XIIe siècle, des traductions vernaculaires sont faites, principalement à l’usage de riches laïques, mais aussi des gens du peuple ; elles suscitent un moment l’inquiétude de l’Église : les traductions « romanes » servent de support à la prédication hérétique. Pour les clercs le seul texte de référence reste la Vulgate latine.
    La première traduction française est le Psautier de Lanfranc (vers 1100). Mais les premières traductions « françaises » des Écritures sont largement des Nouveau Testament en langue d’oc, et d’origine cathare et vaudoise.
    Jusqu’au XVIe siècle les traductions en langue vulgaire de la Bible furent faites d’après la Vulgate de saint Jérôme, seul texte authentique (déclaration du concile de Trente le 8 avril 1546). Le texte alors en usage n’en contenait pas moins de nombreuses erreurs, et une édition corrigée, dite « édition Clémentine », fut publiée en 1592, sous le pontificat de Clément VIII. Une nouvelle révision de la Vulgate fut ordonnée par Pie X en 1908 et commença à paraître en 1926.
    En 1965, Paul VI a décidé une nouvelle révision.
    La dernière révision en date, promulguée en 1979 par Jean-Paul II, est appelée la Néo-Vulgate ou Nova Vulgata en latin.

    Revenons aux origines.
    L’Ancien Testament est un ensemble de livres dont certains sont écrits en hébreu et d’autres en araméen ou en grec. L’hébreu est la principale et la plus ancienne langue de rédaction.
    L’araméen fut adopté après l’exil à Babylone.  C’est une langue assez voisine de l’hébreu.
    L’Ancien Testament ne conserve que quelques textes et parties de livres en araméen, tous datables des IIIe-IIe siècles avant Jésus-Christ.
    Une importante traduction de l’ensemble a été faite en grec près de trois siècles avant notre ère.
    Cette traduction, désignée sous le nom de « Septante » et aussi appelée « Bible d’Alexandrie », se verra ajouter de nouveaux livres dont certains écrits directement en grec.
    On a tendance à oublier aujourd’hui que le grec fut, avec l’hébreu et l’araméen, une des trois langues juives anciennes.
    Le Nouveau Testament, seconde partie de la Bible chrétienne, n’est pas comparable à l’Ancien.
    Son originalité tient naturellement à ce qui l’a suscité de bout en bout : l’avènement de Jésus de Nazareth. Sa rédaction s’est jouée sur moins d’un siècle. La « bibliothèque » Nouveau Testament se présente dans une seule langue originelle, le grec. À l’avènement du Christ, trois langues servent à l’expression du peuple juif : l’hébreu dans les milieux très cultivés et comme langue sacerdotale ; l’araméen pour le commentaire et l’explication de l’Écriture ainsi que pour les échanges de la vie quotidienne, et le grec pour le commerce et les échanges internationaux et qui, en Égypte notamment, devient proprement langue biblique avec la traduction dite des « Septante ».
    L’enseignement de Jésus se fit pour l’essentiel en araméen puisque lui-même ne sortit jamais vraiment de l’aire culturelle de sa patrie. Au moment où le message du Christ se répand, le grec est de plus en plus langue véhiculaire, permettant de communiquer dans tout l’Empire romain. Le christianisme se voulant un message pour tous il était nécessaire que tout ce qui servirait à la propagande et à la conservation du message soit écrit en grec.

    J’ai fait un résumé qui survole l’essentiel de la création et de l’évolution des textes bibliques qui, bien sûr, sont faits pour être lus.
    C’est un livre universellement évoqué même si très peu l’ont lu complètement ou sérieusement.

     

     


    votre commentaire
  • La religion romaine.

     


    Dans la religion traditionnelle de Rome, les rites étaient très importants, car ils permettaient d’établir de bonnes relations avec les dieux. Il y avait un grand nombre de divinités, les plus marquantes étant celles de la triade capitoline : Jupiter, le roi des dieux, Junon, son épouse, protectrice des matrones, et Minerve, patronne des artisans et déesse de l’intelligence. Une autre déité majeure, Mars, le dieu de la guerre, avait été un moment considéré comme le dieu des champs, car les paysans de Rome étaient également ses défenseurs.
    Les cultes domestiques, dirigés par le père de famille, honoraient Vesta (la terre), les Lares (les esprits des ancêtres) et les Pénates (divinités du foyer).
    Les Lares étaient les dieux protecteurs de la famille (Lar familiaris), dont la représentation était honorée dans un sanctuaire domestique, petite chapelle ou grotte. Leur fête principale était célébrée le 23 décembre. Les Lares étaient associés aux Pénates. Il s’agissait de divinités locales dont le champ d’action s’est peu à peu élargi. À l’époque de l’empire romain, le culte des Lares fut associé au culte impérial.
    Les Pénates protègent non seulement les familles de particuliers, mais aussi le peuple romain dans son ensemble, puisque l’État possédait ses propres Pénates. Ils répandent leur action bienfaisante à l’intérieur des maisons et dans les réserves, et sont vénérés à proximité du foyer.
    Les cultes publics, quant à eux, étaient assurés par des prêtres élus, membres de l’aristocratie, qui veillaient à l’exécution des rites et organisaient les fêtes religieuses. Le collège suprême, le collège des pontifes, comptant environ quinze membres et dirigé par le grand pontife, le pontifex maximus, était responsable du maintien des traditions. Les augures étudiaient les présages avant chaque acte public. Les vestales, qui devaient demeurer vierges, étaient des prêtresses du culte de Vesta et entretenaient le feu sacré symbolisant l’État romain.
    Les Romains adoptaient également les dieux et les cultes d’autres peuples, en particulier ceux des Grecs. Ils divinisaient aussi, à l’exemple des Grecs, des idées abstraites comme Concordia (la concorde), Honos et Virtus (l’honneur et la vertu), ou Fortuna (la bonne fortune).
    Un des premiers cultes étrangers introduits à Rome, en 204 avant J.-C., fut celui de Cybèle, la Grande Mère des Phrygiens, mais les rites orgiaques de cette religion furent sévèrement réglementés par le Sénat.  Les divinités égyptiennes Isis et Sérapis (du taureau Apis, assimilé à Ptah) avaient aussi des sanctuaires à Rome.
    Les légions romaines adoptèrent aussi le dieu Mithra, venu d’orient. Son culte connut un important développement dans l’Empire aux II
    e et IIIe siècles de notre ère. Mithra était un très ancien dieu perse de la Lumière et de la Vérité, ennemi irréductible d’Ahriman, le représentant des forces du Mal. Dans la tradition perse, il symbolisait le guerrier et l’invaincu. Ces deux attributs ne pouvaient que le rendre populaire auprès des soldats romains. Le mithraïsme, sous sa forme romaine, était une religion à mystères, dont les initiés pratiquaient des rites secrets. Les temples de Mithra, les mithræa, étaient des grottes naturelles ou des cryptes à demi souterraines, rappelant l’antre dans lequel le dieu avait égorgé le taureau mythique.
    A Bordeaux, on a découvert en 1986, cours Victor Hugo, un mithraeum assez bien conservé, à demi enterré et de grandes dimensions. C’est le plus grand sanctuaire de Mithra découvert en Gaule.




    votre commentaire
  •                                                                         La naissance de l’Histoire.


    Les premiers et plus grands historiens de la Grèce ancienne furent Hérodote (490/480-425 avant J.-C .) et Thucydide (vers 460-400 avant J.-C .). Tous deux placèrent l’étude du conflit majeur de leur époque au centre de leur œuvre historique (les guerres médiques pour Hérodote et la guerre du Péloponnèse pour Thucydide), mais ne se bornèrent pas à raconter les faits, chacun cherchant à découvrir les raisons profondes qui conduisaient les hommes à s’opposer violemment les uns aux autres. Hérodote, né dans la cité ionienne d’Halicarnasse, en Asie Mineure, a reçu de Cicéron  le titre de « père de l’histoire ».
     Son érudition, son esprit scientifique ouvert sont sensibles dans ses Histoires ; son récit de la guerre entre les Perses et les Grecs est émaillé de nombreuses digressions sur la géographie et l’anthropologie.
    Il explique que son récit des guerres fut écrit « afin que le souvenir du passé ne soit pas effacé de la mémoire des hommes par le temps, et que les faits d’armes des Grecs et des étrangers, et particulièrement les raisons pour lesquelles ils s’affrontèrent, ne manquent pas d’être connus ».
    En 449 avant J.-C. le conflit entre les Grecs et les Perses s’acheva avec la signature de la paix négociée par l’Athénien Callias, après cinquante années de guerres médiques.

    Thucydide, né à Athènes, prit part à la guerre du Péloponnèse, qui vit s’affronter Sparte et Athènes. Le récit qu’il en donne est centré sur la recherche de « la cause la plus vraie » de la guerre, ainsi que de ses mécanismes et de ses aspects politiques. Comme Hérodote, il ne se contentait pas de rapporter les faits, mais s’efforçait de comprendre la nature et le comportement de l’homme.
    Son œuvre se distingue par son impartialité, son indifférence aux détails merveilleux ou légendaires, l’analyse consciencieuse des causes des événements, la sobriété et le pathétique du style.
    Plutarque a déclaré Thucydide fort supérieur à Hérodote. En effet Thucydide avait de grandes vues politiques d’ensemble, contrairement à Hérodote.

    L’article HERODOTE dans la Biographie universelle ancienne et moderne, sous la direction de Louis-Gabriel Michaud, a été écrit par Raoul Rochette.
    Tome 19 page 305 à page 311.

    L’article THUCYDIDE dans la Biographie universelle ancienne et moderne, sous la direction de Louis-Gabriel Michaud, a été écrit par Pierre Claude François  Daunou.
    Tome 41 page 465 à page 478.

    (Il s’agit de la  deuxième édition, 1843, de la Biographie universelle.)

     


    votre commentaire



    Suivre le flux RSS des articles
    Suivre le flux RSS des commentaires