François Bonnaffé, fils d'Estienne Bonnaffé et de Françoise Calmels, est né à Lacaune le 27 décembre 1723 et a été baptisé le 29 décembre 1723 à l'église de Lacaune.
Arrivé à Bordeaux en 1740, simple commis négociant au salaire de 300 livres par an, il possède lors de son mariage avec Jeanne Boyer, le 1er juillet 1756, alors qu’il est devenu négociant et armateur, 200 000 livres de capital mobilier. Le 13 septembre 1775 il est reçu comme bourgeois de la ville de Bordeaux. Sa flotte sillonnait alors l’Atlantique, puisque de 1768 à 1777, il expédia trente-sept navires, soit presque six navires chaque année, et de 1783 à 1792, vingt-six quittèrent à nouveau le port de Bordeaux. Il s’était spécialisé dans l’exportation de vin et de farines de l’arrière-pays bordelais vers les Antilles, et dans l’importation de sucre, de café et d’indigo réexpédiés en France et dans toute l’Europe, ce qui lui assura une immense fortune. La réussite était le fruit d’un travail continu et acharné, elle nécessitait des talents et un peu de chance. François Bonnaffé eût beaucoup de chance, ce qui lui valut d’être surnommé « l’Heureux ».
François Bonnaffé avait déjà acheté, le 29 octobre 1758, un bourdieu de campagne sur la paroisse du Bouscat, mais, vingt ans plus tard, il jette son dévolu sur des domaines d’une autre ampleur, situés dans la partie septentrionale de l’Entre-deux-Mers. Le domaine de Feuillas, à Saint-Louis-de-Montferrand, lui coûte, en 1774, 245 000 livres, somme qu’il versa à la vendeuse, Marguerite de Verteuil, veuve Rostéguy de Tastes. [Le Domaine Feuillas- Saint-Clément est une ancienne maison de maître située sur les rives de la Garonne, dont aujourd’hui il ne reste qu’une partie des murs qui entouraient le domaine et quelques bâtiments en ruines dont celui du corps de ferme]. Il écrit "Nous partons après demain pour aller faire vendange jusqu'à la my novembre" dans son grand bourdieu de Montferrand [23 septembre 1777].
Puis en janvier 1782, le conseiller au Parlement Jean de Fauquier lui cédait pour 130 000 livres le bourdieu de Lacone situé de l’autre côté de la presqu’île, à Ambès. En ajoutant d’autres petits achats, c’est 425 000 livres que François Bonnaffé avait investi pour 175 journaux dans cette zone de la presqu’île qui produisait des vins forts et colorés, plus aptes à supporter le voyage vers les îles.
En 1780, le richissime armateur bordelais avait acheté trois maisons contiguës situées place de la Comédie pour la somme de 111 000 livres (équivalent à 1,25 million d'euros). Il les fait détruire et confie à l’architecte bordelais Étienne Laclotte le soin de bâtir un hôtel digne de son immense fortune. Sa construction commence en 1783 et s’achève en 1785 (Photo actuelle).
Le 23 septembre 1782, François Bonnaffé acheta à la famille de Talleyrand l'hôtel Richelieu et « les trois maisons attenantes pour la somme de 212.400 livres, il le fit restaurer en 1784 par l’architecte Laclotte ». En 1791, année de la mort de sa femme, sa fortune s’élevait à quinze millions de livres, sans compter plusieurs navires, les deux domaines d’Ambès et de Saint-Louis-de-Montferrand, vingt-trois maisons en ville et l’îlot Bonnaffé, la « Grande Maison » qui existe encore aujourd’hui.
L’engagement des Bonnaffé dans le sauvetage de la maison Romberg, Bapst et Cie, intervenu en 1789, fut grave pour la suite de leurs affaires. En effet à la liquidation définitive, en 1807, de la société Romberg, Bapst et Cie, les pertes de la maison Bonnaffé montaient à près de 780 000 livres.
Onze enfants étaient nés du mariage de François Bonnaffé et de Jeanne Boyer, dont sept parviendront à l'âge adulte (5 filles et 2 garçons).
La Révolution et la Terreur, l’insurrection de Saint-Domingue, se succédant tour à tour, anéantirent plus des trois quarts de son immense fortune. En 1793,le vieil armateur faillit trois fois monter sur l’échafaud et ne dut son salut qu’à l’énergie et à la présence d’esprit de son fils Jean de Lance.
Il mourut le 13 août 1809, âgé de 85 ans, sur le balcon même de sa maison, face au Grand-Théâtre.