• Un grand architecte médiéval.

    Hézelon.

    Hézelon (Ezelo) était un moine de l’abbaye de Cluny  et c’est lui qui réalisa, sur ordre de l’abbé Hugues de Semur, la grande église abbatiale de « Cluny III ». Cette construction  surprit les contemporains par la hardiesse de sa conception et de sa construction. Comment avait-on osé dépasser les dimensions de Saint-Pierre de Rome, déjà supplanté depuis peu par la cathédrale impériale de Spire ? Cette élévation fut prodigieuse, ses 141,73 mètres de long sans le narthex, ses deux transepts et ses cinq nefs ! Ezelo était un moine fervent de Cluny : Pierre le Vénérable, le grand abbé clunisien, dans une lettre écrite entre 1136 et 1145, rend hommage à ses mérites en tant qu’architecte de sa nouvelle abbatiale, mais aussi à « ses capacités d’élocution » et à « sa science avertie » qui lui ont permis de façonner les mœurs de ses auditeurs. C’est un « magnus magister », dit-il, soulignant ses études supérieures grâce auxquelles il a pu enseigner assez longtemps à Cluny. Hézelon fait figure d’exception à côté des grands prélats « traditionnels » issus des familles de haute noblesse : déjà membre du clergé régulier, il se fait en effet moine de stricte observance, ce qui ne l’empêche pas de jouer un rôle actif à Cluny et dans l’Europe de son temps. Il était un membre de la plus haute noblesse européenne.

    Hézelon, qui avait été chanoine de Liège avant de venir à Cluny vers 1088, était le fils de Mathilde, elle-même fille du duc Eudes-Henri de Bourgogne, le frère d’Hugues Capet. Il avait pour sœur Régine (Regina, Reine), mariée à Renaud II (mort en 1097), comte de Mâcon (le comté de Cluny), fils du comte Guillaume II le Grand, comte de Bourgogne et de Mâcon (mort en 1086), mais aussi frère de Guy, le futur Calixte II, le pape du concordat de Worms en 1122. Régine se fera moniale au célèbre prieuré clunisien de Marcigny en lui donnant ses propriétés d’Aywaille et de Rachamps qu’elle avait héritées de sa mère, qui était à la fois l’épouse du comte Conon d’Oltigen – le frère de l’évêque Burchard de Lausanne (1056-1089) – et la sœur de Conrad Ier, comte de Luxembourg, dont l’épouse Clémence était une fille du duc d’Aquitaine et comte de Poitiers, Guillaume-Aigret (mort en 1058). Hézelon était présent lors de l’acte de donation de sa sœur Régine (Reine) en faveur de Marcigny, en tant que frère mais aussi comme représentant de l’abbé et des moines de Cluny.

    Je dois dire que j’ai été surpris en découvrant cette biographie, peu connue, mais qui éclaire bien l’histoire de la noblesse et qui, subsidiairement, renforce l’affirmation que la maison des comtes de Poitiers ducs d’Aquitaine était bel et bien dans le cercle de la haute noblesse européenne.

    « Le premier consulat des Etats-Unis d’Amérique en France.Disparition de Jacques Le Goff. »

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :