• Le prince de Ligne.

    Le prince de Ligne.

    « Je vois des gens qui se tiennent bien droits ; ils croient avoir de la droiture. Ils sont raides : ils croient avoir du caractère. »

    Charles-Joseph de Ligne (1735 – 1814).

     

    « Leygeb dit, et moi aussi à la vérité, qu’il a lu sur un vieux parchemin que nous descendons d’un roi de Bohême, et sur une tombe, je ne sais où, de Charlemagne, par un certain Thierry d’Enfer. Il dit encore que des généalogistes nous donnent la même tige que la maison de Lorraine et que d’autres prétendent que nous sommes une branche de celle de Baden. C’est l’avis aussi de l’électeur de ce nom qui me l’a dit lui-même.

    Il est vrai que nos armoiries sont absolument les mêmes et nos livrées aussi, à l’exception qu’au lieu du rouge et du cramoisi qu’ont ceux qui portent le même blason, nous avons la couleur des roses.

    …..

    Quand à l’origine dont je viens de parler, il faut bien qu’il y ait quelque chose de tout cela car mon père était diablement fier ; et puis ce qui me ferait croire qu’il y a du Charlemagne et du Vitikind dans notre sang, c’est que nous avons la Toison depuis quatre siècles et que nous sommes princes d’Empire depuis plus de deux. »

     Mémoires du prince de Ligne.

     

    Charles-Joseph de Ligne était fier de sa famille et avait une haute idée de sa noblesse, qui remonterait à des temps immémoriaux. Qu’en est-il réellement ?

    La généalogie des Ligne remonte au début du XIe siècle. Les manuscrits de la bibliothèque de Bourgogne permettent de faire remonter la généalogie des Ligne au commencement du XIe siècle, à Fastré, surnommé d’Alsassen ce qui confirme les documents des archives privées de la famille, d’après lesquelles les Ligne sont issus d’Héribrand d’Alsace qui, s’étant établi en Hainaut et ayant hérité du chef de sa mère la terre de Ligne, en prit le nom et brisa les armes d’Alsace en changeant les couleurs.

    La famille de Ligne, issue de la noblesse féodale du Hainaut, est citée dès 1047 en la personne de Fastre de Ligne  et dont la filiation prouvée commence avec Thierry de Ligne, cité entre 1142 et 1176. Jean de Ligne, chambellan du duc Charles de Bourgogne,  fut reçu chevalier de la Toison d’or (brevet n° 90) avec Philippe d’Autriche, en 1481. La famille obtint beaucoup de titres et titulatures par la suite. Comte de Fouquemberghe en 1503. Titre de prince de Mortagne en 1513 concédé par le roi Henri VIII d’Angleterre en sa qualité de souverain du Tournaisis en faveur d’Antoine baron de Ligne. Ligne, situé dans la province belge du Hainaut près de Tournai, est élevé au rang de comté en 1545 pour le chef de Maison et toute la descendance. Le chef de la Maison de Ligne devient comte du Saint Empire en 1548.

    Titre de prince d’Épinoy par héritage en 1592 (Épinoy se trouve dans le département du Pas-de-Calais). Titres de souverain de Fagnolles, marquis de Roubaix et baron d’Antoing par héritage également en 1592. Rang de prince du Saint Empire (le Ier Reich allemand) concédé à Prague le 20 mars 1601 avec titre de prince de Ligne en 1602. Prince d’Amblise (Amblise se trouve dans le département du Nord) dans les Pays-Bas espagnols le 20 avril 1608. Grandesse d’Espagne de 1ere classe en 1643. Érection de la baronnie de Fagnolles en comté immédiat du Saint Empire à Vienne le 2 juillet 1770. Indigénat en Pologne avec le titre de prince à Varsovie en 1780. Admission au collège westphalien des comtes souverains du Saint Empire le 3 juillet 1788. Dédommagement de la perte de Fagnolles par l’ancien couvent du Saint Empire d’Edelstetten et par la promesse d’une voix virile au collège des princes du Saint Empire le 25 février 1803 (l’ancien couvent d’Edelstetten fut vendu le 22 mai 1804). Reconnaissance de noblesse et du titre de prince à tous les descendants en 1816. Autorisation belge au port du prédicat d’altesse le 31 mai 1923 en faveur de toute la descendance du 8e prince de Ligne. Autorisation belge au port du titre de prince d’Amblise et d’Épinoy le 22 octobre 1923 en faveur du chef de la Maison de Ligne.

    Parmi les membres les plus illustres de la Maison de Ligne est à citer Charles Joseph, 7e prince de Ligne.

     

    Charles-Joseph est né à Bruxelles le 23 mai 1735, et l’acte de sa naissance est bien enregistré à la paroisse de Sainte-Gudule. Par licence spéciale, le baptême se fit à l’hôtel de Ligne par l’aumônier du régiment du prince, sans la formalité ordinaire de l’imposition du nom réservée pour une solennité ultérieure, l’empereur Charles VI ayant accepté d’être parrain et ayant prié sa sœur l’archiduchesse Marie-Élisabeth, gouvernant des Pays-Bas, de tenir lieu de marraine. Il est le fils de Claude-Lamoral II, sixième prince de Ligne, et d’Elisabeth princesse de Salm. Charles-Joseph s’engage précocement dans la carrière militaire, en 1752, au service de l’Autriche. Le 6 août 1755, il épouse à Vienne Françoise-Marie-Xavière, princesse de Liechtenstein. Avec l’armée impériale autrichienne, il participe à la guerre de Sept Ans ; il prend part à la guerre de succession de Bavière (1777-1779) ; en 1789, aux côtés de Catherine II, il joue un rôle majeur dans la prise de Belgrade. Aussi à l’aise sur un champ de bataille que dans les salons des cours de Vienne, de Versailles ou de Moscou, le prince est l’ami des puissants de son époque : Marie-Thérèse d’Autriche, Marie-Antoinette, Joseph II, Frédéric de Prusse, Catherine de Russie, Potemkine, Madame du Barry (dont il fut un temps l’amant). Mme de Staël, elle, admire l’homme de lettres qui a correspondu avec Goethe, Voltaire et Rousseau, le passionné de galanterie complice de Casanova. Les Mémoires du prince témoignent d’une souveraine liberté de ton, d’une élégance de style et d’un véritable art de vivre.

    Il reçut de François II le grade de feld-maréchal en 1808.

    C’est ce prince qui devait trouver l’occasion d’un de ses derniers bons mots, lors  du congrès de Vienne qui avait débuté en septembre 1814 : « Le congrès ne marche pas, il danse. »

    Charles-Joseph de Ligne est mort à Vienne le 13 décembre 1814.

    Il fut le type accompli de l’aristocrate européen du XVIIIe siècle.

     

    Bibliographie complémentaire :

    1/ Biographie universelle ancienne et moderne, sous la direction de Louis-Gabriel Michaud,(1773-1858) ; article LIGNE (Charles-Joseph, prince de), Tome 24 page 525 colonne 1 à page 528 colonne 2.

    2/ Et, bien sûr, les Mémoires du prince de Ligne (Mercure de France, 2004).

    « La septimanie.La bataille de Poitiers du 19 septembre 1356 et ses conséquences. »

  • Commentaires

    2
    Vendredi 30 Novembre à 15:53

    Ce n'est pas du tout une biographie ni une généalogie de la Maison de Ligne.
    C'est un simple résumé, à ma manière, concernant le prince Charles-Joseph de Ligne, ainsi qu'un rappel de l'ancienneté et des principaux titres de cette maison.
    Il y a des ouvrages, autres que ceux que j'ai cités, qui peuvent intéresser ceux qui veulent approfondir le sujet.

    Et peut-être que l'offre de Monsieur Wacheux pourra satisfaire la curiosité de quelqu'un.
    JPL33

     

    1
    wacheux jean pierre
    Mercredi 28 Novembre à 18:18

    bonjour à tous

    merci pour cette biographie des princes de ligne.j'habite EPINOY EN FRANCE.c'est devenu un quartier de la ville de carvin 62220 pas de calais france.j'ai retrouvé un document sur internet sur la venue à EPINOYd'un prince de ligne et d'un régiment lorrain vers 1650.si ça vous interesse je vous envoie le texte.

    amitiés

    jean pierre

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