• La prophétesse Kahina.

    Dihya ou Damya  dite Al Kāhina, la prophétesse ou la devineresse.

     

    VIIe siècle après Jésus-Christ. Nous sommes en 647. Le calife Othman a prêché la guerre sainte et fourni des chevaux et mille chameaux. La conquête de l’Ifrikia est commencée. Vingt mille Arabes fondent sur l’actuelle Tunisie. En face, pour leur résister, il y a un haut fonctionnaire byzantin, Grégoire, fâché avec sa métropole qui a levé une armée de Berbères.

    Le gouverneur byzantin est tué. Sa propre fille, Yamina, est si désespérée qu’elle tente de se tuer en se jetant du haut du chameau qui l’emmène en captivité. Mais les Arabes ne restent pas et repartent pour l’Égypte avec un butin considérable. Ils reviennent plus tard sous les ordres d’Oqba, un brillant chevaucheur, en 670. C’est lui qui fondera Kairouan. C’est lui qui, le premier, installe des musulmans sur le sol tunisien. Mais les Berbères veillent dans les Aurès, avec leur chef, le prince Kosaïla (Koçaïla). Il faudra le grand raid d’Oqba jusqu’à l’extrême ouest, jusqu’à Sousse, pour que la conquête de l’Ifrikia apparaisse comme possible. Il fait demi-tour Oqba, mais il est attendu par les Berbères qui le cernent, éparpillent ses cavaliers, le tuent avec ses trois cents compagnons. Kosaïla attend de pied ferme une armée arabe de secours, venue d’Égypte. Mais il est vaincu et tué. Les Byzantins sont toujours les maîtres de Carthage et les Berbères des montagnes. Ceux-ci refusent la nouvelle religion, l’Islam, ils ont pour prophétesse une adepte du judaïsme, la Kahina ; elle a de longs cheveux noirs qui tombent sur ses épaules, les cavaliers ont du mal à la suivre car elle monte à cheval mieux qu’un prince, mieux que Kosaïla. Et elle est intraitable au combat. Cette « reine » des Berbères de la montagne a un caractère fier, indépendant. Ses premiers partisans sont des juifs, des nomades qui se déplacent à dos de chameau depuis le Proche-Orient, et qui sont venus jusqu’en Ifrikia. Mais elle a rallié aussi les cavaliers berbères qui cherchent un chef, depuis la mort de Kosaïla. Comme les nomades juifs, les Berbères sont les ennemis naturels des paysans indigènes et des fonctionnaires de Byzance, qui prennent leurs terres et gênent le parcours des troupeaux. Tous ensemble, ils constituent une force mobile, impitoyable, qui terrorise le bas pays et trouve refuge dans les Aurès inaccessibles. Ils ont en la Kahina une confiance absolue. Dans la plaine, les gens de la Kahina tombent sur une armée arabe du côté de Tébessa. Les Arabes sont mis en déroute et évacuent complètement la Tunisie.

    Les cavaliers berbères s’emparent alors de toutes les forteresses, de toutes les villes marchandes. Ils les rasent, ils coupent jusqu’aux arbres, mettent le feu aux églises et aux châteaux. Le pays tombe en ruine. Les villes ne se relèvent pas. Les paysans n’osent plus cultiver leurs champs, ils constituent des communautés de défense. Ils en viennent à regretter l’occupation byzantine, et même l’occupation arabe. Le pays est las des exigences de la Kahina. Hassan, le chef des Arabes, renseigné par les rapports d’espions et de voyageurs, décide de reprendre les villes et les organiser pour la défense, avec l’assentiment des populations. Hassan marche sur Carthage, dont il s’empare en 698. C’est une ville presque abandonnée, que les marchands ont fuie. Elle ne se relèvera pas. Hassan fonde une nouvelle ville qu’il appelle Tunis. Les Arabes la fortifient aussitôt. Les escadres musulmanes croisent sans arrêt et relâchent dans le port. Kahina voit sans plaisir une puissante armée rejoindre bientôt les Arabes d’Hassan sous les murs de Tunis. Mais elle a perdu sa popularité. Les gens des campagnes la redoutent et la haïssent. Ses fils sont jeunes mais ils la suivent depuis plusieurs années déjà dans les batailles. Elle dit à ses fils « je vais mourir ». Ils savent qu’elle a le pouvoir de prédire l’avenir et qu’elle est redoutée comme prophétesse, comme sorcière.

    Vers 702, elle ordonne à ses fils de se rendre, de se jeter aux pieds d’Hassan. Elle sait que s’ils se rendent avant la bataille, Hassan leur fera grâce. Elle prend la tête de ses derniers cavaliers et va au-devant des Arabes. Hassan est tranquille, il sait bien que si la Kahina lui a envoyé ses fils, c’est qu’elle ne compte pas l’emporter au combat. Il a envoyé son lieutenant Khaled pour donner l’assaut. Le combat fait rage. La chevelure immense de la Kahina flotte en tête des escadrons berbères. Kahina est là, l’épée à la main, pour animer la résistance de ses combattants. Mais ceux-ci sont submergés, la Kahina tombe, percée de coups. Elle est morte. Depuis, le lieu où elle a succombé se nomme Bir el-Kahina.

    Elle appartenait à la tribu berbère des Djarwa.

    « Le capitaine de Köpenick.L'empereur Théodose Ier. »

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