• L'empereur Théodose Ier.

    Théodose, l’irascible empereur.

     

    Le 17 janvier 395 est mort à Milan  Théodose Ier « le Grand ».

     

    Il est considéré comme le dernier grand empereur de Rome, le dernier « grand homme » de son histoire. Mais qu’en est-il ?

    C’est un militaire, né vers 346  à Canca (ou Cauca), en Espagne.

    Son père, Théodose l’Ancien, était un général romain qui avait combattu, notamment, en Bretagne où il réprima un soulèvement (en 368-369) et où il restaura le mur d’Hadrien. Mais il fut décapité sur l’ordre de Gratien, en 376 à Carthage.

     

    Théodose avait accompagné son père dans son expédition de 368 et s’était distingué en défendant la Mésie contre les Sarmates en 374. Après le désastre d’Andrinople, en 378, Gratien le proclama auguste à Sirmium le 19 janvier 379, et lui confia l’Empire d’Orient comme successeur de Valens, qui venait de mourir. Théodose soumit de nombreuses bandes de Wisigoths et convainquit leur roi Athanaric d’entrer à son service et en intégra environ 40 000 dans son armée comme fédérés. L’usurpateur Maxime s’étant révolté en Occident en 383, Théodose le reconnut d’abord comme collègue, tout en préservant les droits du jeune Valentinien II, dont il avait épousé la sœur. Mais Maxime ayant repris les armes en 387 pour s’emparer de l’Italie, Théodose marcha contre lui, le battit près d’Aquilée le 28 juillet 388 et le fit mettre à mort. Après la mort de Valentinien, en 392, Théodose se trouva en fait seul maître de l’Empire, ayant battu l’usurpateur Eugène sur le Frigidus, près d’Aquilée, en septembre 394. L’unité de l’empire romain était reconstituée, pour la dernière fois, et pour peu de temps : quatre mois plus tard Théodose mourait, et l’Empire était partagé entre ses deux fils, Honorius et Arcadius. Il leur avait donné pour tuteur Stilicon. Voilà pourquoi il est resté dans l’histoire romaine Théodose le Grand.

    Mais son règne marque aussi une étape importante dans l’histoire des rapports de l’Église [catholique] et de l’État. Le christianisme, qui n’était encore sous Constantin qu’une religion tolérée, devint sous Théodose une véritable « religion d’État ».

    Dès son avènement Théodose entreprit la lutte contre le paganisme. Il interdit successivement les opérations divinatoires (381), l’entrée des temples (392) et même le culte domestique des dieux, les Lares et les Pénates.

    En même temps il donnait aux chrétiens les anciens temples, soulevant parfois de violentes protestations : les païens d’Alexandrie s’étant soulevés, il fit détruire tous les sanctuaires de la ville, en particulier le fameux Sérapéion. Cependant de nombreuses grandes familles restaient fidèles à la religion traditionnelle de Rome, et l’empereur fut bien contraint de choisir dans leur sein ses hauts fonctionnaires.

    L’un des épisodes les plus frappants de la résistance du paganisme fut l’affaire de la statue de la Victoire, au sénat.

    Également, en 393, furent célébrés les derniers Jeux olympiques en Grèce, qui tombent sous le coup de l’interdiction des fêtes païennes.

    À force de donner des gages aux chrétiens, Théodose perdit sa liberté d’action : à la suite des terribles représailles qu’il avait ordonnées, lors d’une sédition en 390, à Thessalonique, il se vit excommunier par saint Ambroise  et dut se soumettre aux exigences épiscopales. Saint Ambroise n’a pas d’ordre à recevoir, fut-ce de l’Empereur ! Si on lit les Écritures, dit-il, on voit que ce sont les évêques qui doivent juger les empereurs.

     

    À la veille de disparaître, l’État romain, pour la première fois, reconnaissait une puissance supérieure à la sienne.

     Théodose avait un caractère impossible. C’était un homme rude, bourru, emporté, qui régnait sans partage et ne supportait pas la moindre contestation. Il avait sauvé Rome, il voulait que tout le monde le sût, y compris les évêques, y compris le pape lui-même.

    Mais pourquoi Théodose a-t-il plié devant Ambroise ? Théodose, le colosse espagnol, a tremblé, c’est vrai, devant Ambroise. Mais ce qui lui faisait peur, ce n’était déjà pas l’évêque de Milan. Mais bien l’enfer.

     

    Bibliographie :

    Biographie universelle ancienne et moderne, sous la direction de Louis-Gabriel Michaud,
    (1773-1858) ; article THÉODOSE Ier, Tome 41 page 280 colonne 1 à page 283 colonne 1.

     

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