• DAGOBERT le "bon roi".

    DAGOBERT Ier est le fils de Clotaire II et de  « Bérétrude ou Haldétrude».


    Né en 610, roi d’Austrasie (623-632), roi de Neustrie et de Bourgogne (629-632), puis roi des Francs (632-639). Son règne fut bref (à peine dix ans), sa vie courte, un peu plus de 28 ans, et son œuvre ne fut pas durable et pourtant il est l’un des plus célèbres rois mérovingiens. Accédant au trône à l’âge d’homme, il règne pleinement et reconstitue l’unité du royaume franc.
    A dix ans, Clotaire II, son père, le nomme roi d’Austrasie pour satisfaire le particularisme de l’aristocratie austrasienne, que dominent le maire du palais Pépin de Landen et l’évêque de Metz, Arnoul.
    A la mort de son père, survenue le 18 octobre 629, Dagobert est reconnu roi de Neustrie, mais sans l’Aquitaine qu’il annexe à la mort de son frère Caribert, survenue de façon inopinée le 8 avril 632.

    En effet sous la pression de Brodulf, oncle de son frère Caribert, il avait érigé un "troisième royaume d'Aquitaine" en faveur de Caribert. Dagobert fit assassiner Brodulf en 631.

    Il soumet à l’ouest les Bretons, le prince breton Judicaël vint à Clichy reconnaître l’autorité de Dagobert. Au sud les Vascons ou Basques sont contenus et, en 638, font leur soumission. Au-delà du Rhin, il rend tributaires les Thuringiens, les Alamans, les Bavarois et fait la guerre contre les Vénètes établis dans la vallée du Danube. Il entre également en relation avec les Slaves qui avaient été unifiés par Samo. En Espagne il soutient le prétendant Sisenand moyennant 200 000 sous d’or. En Italie, il eut de bons rapports avec le roi lombard Rothari. Il conclut un traité de paix avec l’empereur byzantin Héraclius en 631, avec lequel il échangea une ambassade.
    Devenu ainsi roi des Francs, il défend les frontières menacées. Il séjourne souvent à Clichy, aux environs de Paris, affichant un luxe digne d’un empereur romain. Il attire à la cour de jeunes aristocrates Didier, Wandrille, Philibert, Dadon, le futur saint Ouen. Beaucoup de ces fonctionnaires devinrent par la suite des évêques et des abbés. Dagobert encouragea les efforts des missionnaires (Amand) dans la conversion de la Gaule du Nord. Il parcourt aussi les provinces en rendant la justice et se fait craindre des leudes. Il doit à son tour composer avec les exigences de l’aristocratie austrasienne et lui donne pour roi son fils Sigebert, alors en bas âge (634). Afin d’éviter que Sigebert ne s’approprie un jour la totalité du royaume, il attribue de son vivant à son second fils Clovis II, la Bourgogne et la Neustrie.
    Pendant les dix années de son règne, Dagobert jouit d’un pouvoir absolu. Il s’entoure d’habiles conseillers, les futurs saint Eloi et saint Ouen, respectivement orfèvre et futur évêque de Rouen. Nous avons conservé quelques pièces d’or émises par le monétaire Eloi au nom de Dagobert et quelques diplômes authentiques établis par le référendaire Dadon (Ouen). Beaucoup de ces diplômes sont donnés au monastère de Saint-Denis. En effet, Dagobert enrichit l’abbaye et y prépara son tombeau.
    Dagobert fait partie de cette nouvelle génération de Mérovingiens plus à l’aise dans les conseils que sur les champs de bataille.
    Grand mangeur et buveur, grand amoureux, sa santé était déjà très affaiblie à l’approche de la trentaine. De ses nombreuses femmes et concubines il eut plusieurs enfants. En 636, ayant frôlé la mort, il convoque les principaux dignitaires du Regnum et ses deux fils et leur adresse un discours « Examinant donc ma conscience et les péchés de mon cœur, méditant sur les comptes que je devais rendre au souverain Roi, j’ai craint son jugement… ». Il multiplie les donations aux monastères, confie l’éducation de Clovis à Eloi et rappelle le partage de son royaume : à Sigebert III (né de Ragentrude), l’Austrasie, l’Aquitaine et la Provence ; à Clovis II (fils de Nanthilde), la Neustrie avec le duché de Dentelin et la Bourgogne. Deux ans plus tard, à l’approche de la mort, il se fait transporter à l’abbaye de Saint-Denis, demandant à y être enterré.  Il charge le duc Ega d’être le régent du royaume avec l’accord de la reine Nanthilde, puis meurt le 19  janvier 639. C'est à l'occasion de ses obsèques que fut constituée la première chapelle ardente connue dans l'histoire. 

    Après sa mort, la dynastie mérovingienne ne cesse de décliner sous les rois enfants, dits rois « fainéants », qui laissent le pouvoir aux factions et aux maires du palais.

    Le trône de Dagobert.
    Fauteuil de bronze en forme de chaise curule, attribué à Saint Eloi et provenant de l’abbaye de Saint-Denis.
    Il est actuellement à la Bibliothèque nationale de France.

    La légende de Dagobert.
    Dès le VIIIe siècle, la légende s’empare de Dagobert. Le Liber historiae Francorum est moins sévère pour le roi que le Pseudo-Frédégaire. Vers 830, les Gesta Dagoberti sont écrites à Saint-Denis. Le moine affirme que Dagobert a découvert le corps de saint Denis lors d’une partie de chasse. C’est alors que l’on fabrique des faux diplômes prouvant la générosité de Dagobert envers l’abbaye. Sous les Capétiens on retrouve Dagobert dans une chanson de geste de la fin du XIIe siècle, l’histoire de Floovant qui fait couper la barbe au sénéchal de son père !
    Quant à la célèbre chanson du « Bon roi Dagobert » elle a été écrite à la fin du XVIIIe siècle  et elle vise sans doute Louis XVI. En 1814 les royalistes l’utilisèrent contre Napoléon Ier.

    Faron.
    Faron fut d’abord référendaire de Dagobert Ier. Le référendaire est l’officier qui dirige la chancellerie. Il est le chef des bureaux, il établit les diplômes, les préceptes et les soumet au roi qui les signe. Il dispose du sceau. Il dirige les notaires qui ont une certaine culture littéraire et juridique et dressent les actes à partir de formulaires qui donnent les modèles. Ayant appris les notes tironiennes, ils peuvent prendre un texte sous la dictée et le recopier ensuite pour l’expédition de l’acte. Grâce à tous ces actes nous connaissons plusieurs noms de référendaires, dont Dadon, Faron et Chadoin à l’époque de Dagobert. Faron appartenait à une des grandes familles aristocratiques de la Gaule installée dans la région de Meaux. Elle est peut-être d’origine burgonde et semble alliée à la famille ducale bavaroise des Agilolfing.
    Faron résilia son office de référendaire pour succéder à Gundoald comme évêque de Meaux en 637. Il a souscrit le privilège en faveur de Rebais et d’autres abbayes. Il fonda en 640 le monastère de Sainte-Croix de Meaux où il est enterré. Il mourut vers 672-675 âgé de près de 80 ans.
    On sait que Faron était fils de Chagneric et de Leudegunde, et frère de Burgondofara et de Chagnoald.

    Vers 869 l'évêque de Meaux Hildegaire écrivit La Vie de saint Faron, enterré dans le monastère qui porte son nom et dont la fête est le 28 octobre.

    « EXTRAITS d'un procès-verbal de 1727.Dagobert II, un roi oublié. »

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